La Victoire de l’Amour

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Avec Orphée et Eurydice de Gluck, l’Opéra national de Lorraine monte un chef-d’œuvre baroque qui revisite le mythe grec en lui donnant une fin heureuse.

La saison 2015 / 2016 de l’Opéra national de Lorraine fait la part belle au mythe d’Orphée : après la farce pétillante d’Offenbach et la rareté de Rossi, s’annonce le merveilleux Orphée et Eurydice de Gluck. À son propos, Jean-Jacques Rousseau écrivit : « Puisqu’on peut avoir un si grand plaisir pendant deux heures, je conçois que la vie peut être bonne à quelque chose. » Il fait sans doute allusion à la luxuriance de la musique et aux airs virtuoses, mais aussi à la conclusion heureuse de l’œuvre. Alors qu’Orphée est sur le point de mettre fin à ses jours lorsqu’il perd Eurydice pour la seconde fois, Amour la lui rend. Pour le metteur en scène Ivan Alexandre, ce happy end manifeste que « nous allons tous mourir mais d’une certaine manière nous survivons », rajoutant : « Je pense toujours à cette phrase sublime de Couperin expliquant son désir de publier de modestes pièces avec cette “chimérique immortalité à laquelle presque tout homme aspire” ». Cette dualité entre la vie et la mort irrigue une production volontairement atemporelle d’une œuvre considérée à la fois comme « une fable mythologique, une initiation conjugale, et une expérience artistique ».

À l’Opéra national de Lorraine (Nancy), jusqu’au 7 avril
www.opera-national-lorraine.fr

Hervé Lévy
Hervé Lévy
Rédacteur en chef
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