Hier, aujourd’hui et demain

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Gospel ancestral et electro avant-gardiste. Beats hip-hop et sonorités afro-cubaines. Entretien avec les jumelles Ibeyi, beautés divines qui font le crossover entre les cultures et les époques.

Quel est le sens de votre rituel conférant une dimension quasi mystique au début et à la fin de vos concerts ?

Nous allumons chacune une bougie pour notre père et notre sœur qui sont décédés. C’est une façon de leur dédier les chansons que nous avons écrites pour eux et de sentir leur présence.

L’enseignement des ancêtres semble essentiel pour vous. Musicalement parlant, est-ce important de s’inscrire dans une tradition, celle de la culture afro-cubaine notamment ?

Nous avons reçu beaucoup d’influences, ayant vécu en regardant de près des cultures, des religions, des croyances et des cérémonies très différentes. Notre famille c’est le royaume du syncrétisme. Il y a des Yorubas, des Catholiques, des Juifs, des Hindouistes… Les chants traditionnels, la soul, la pop, le hip-hop ou l’electro cohabitent naturellement dans ce nous faisons puisque c’est ce que nous avons écouté en grandissant et ce qui nous a construites. Notre musique nous ressemble.

Que retenez-vous des Yorubas ?

Que la musique fait partie de la vie et que faire de la musique, chanter, danser, est la meilleure façon de célébrer les moments importants de l’existence.

Votre gémellité est constituante de votre œuvre. Êtes-vous complémentaires ? Ibeyi est-il bipolaire ?

On ne peut créer qu’à partir de ce que l’on est, donc forcément Ibeyi n’existerait pas sans l’une ou l’autre. Nous sommes complémentaires, l’une est plus mélodique, l’autre plus rythmique, c’est un peu le Yin et le Yang.

Vous avez signé votre premier album sur XL Recordings, le label de White Stripes, M.I.A., Gil Scott-Heron ou Bobby Womack. Débarquer directement dans la cour des grands, ça n’est pas vertigineux ?

Tout est vertigineux dans cette aventure. Composer, produire un album avec Richard Russell (boss du label, NDLR), faire des clips, tourner dans le monde entier et voir que les gens viennent et chantent… On a une chance inouïe.

 

Vous mixez les références et les continents dans vos compositions, créant un melting-pot musical : c’est votre idée de la musique de demain ?

Pas de demain… d’aujourd’hui.

 

À Reims, à La Cartonnerie, samedi 10 octobre

03 26 36 72 40

www.cartonnerie.fr

 

À Paris, au Trianon, lundi 12 octobre

01 44 92 78 00

www.letrianon.fr

À Dijon, à La Vapeur, mardi 13 octobre (dans le cadre de Tribu Festival)

03 80 48 86 00

www.lavapeur.com

 

À Nancy, au Parc de La Pépinière, mercredi 14 octobre (dans le cadre du festival Nancy Jazz Pulsations, du 7 au 17 octobre, avec Ibrahim Maalouf, Tony Allen, Jean-Louis Murat, Maceo Parker…)

03 83 35 40 86

www.nancyjazzpulsations.com

Emmanuel Dosda
Emmanuel Dosda
journaliste
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