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GéNéRiQ, festival musical défricheur du Grand Est, propose une affiche éclectique rassemblant des artistes expérimentateurs – comme Jacques ou LA Priest – qui font subir des modifications génétiques à la pop.

« À quel moment une poubelle devient-elle un détritus ? » Voilà le type de question essentielle que se pose Jacques (27/02 à La Vapeur), artiste electro cinglé d’origine strasbourgeoise qui s’intéresse à L’Incroyable vie des choses (titre d’un de ses morceaux). Jacques Auberger et son ami Alexandre Gain ont fondé le très nécessaire Centre national de Recherche du Vortex où ils commettent des expériences scientifiques auxquelles personne n’avait songé jusqu’alors. Mais comment a-t-on fait pour vivre sereinement sans jamais avoir analysé avec minutie le fait de balayer des balayettes, de scotcher du scotch ou de percer une perceuse ? Lorsqu’il délaisse sa blouse blanche, Jacques fait d’autres expérimentations, musicales celles-ci, devant ses machines, concassant des beats et malaxant des sons concrets, arrachés au réel. GéNéRiQ, le festival “des tumultes musicaux en ville”, convie Jacques à faire danser les sifflements d’oiseaux, sonneries de téléphones ou bruits de verres qui se brisent, habitant ses compos techno frapadingues.

En compagnie de Jacques, Tout est magnifique. Avec LA Priest (27/02 au Moloco et 28/02 au Consortium) également. L’ex-membre de Late of the Pier a, l’an passé, sorti l’un des albums les plus inventifs et réjouissants de l’année : Inji, entre pop, electro et soul, Prince et Daft Punk, euphorie et mélancolie. Cheveux longs ébouriffés, chemise blanche ouverte sur des bijoux en or qui brillent, voix haut perchée, soli kitschouilles de guitare électrique, compositions electroïdes, r’n’b mutant, pop transgenre…  LA Priest ne se fera pas prier pour galvaniser le public de GéNéRiQ qui n’est pas au bout de ses surprises. Il a notamment rendez-vous avec les 3somesisters (23/02 à La Rodia) qui font passer Conchita Wurst pour la sobriété incarnée. Le groupe, rassemblant trois mecs (grimés en femmes) et une fille, est un quatuor polyglotte mixant chant polyphonique et rythmes tribaux. Autres curiosités : les Canadiens de Jerusalem in My Heart (26/02 au Séchoir) propose ce que ces artistes signés sur le label Constellation nomment un « happening audio-visuel » mêlant musique “electrorientale” et projection vidéo. Hypnotique, déroutant.

GéNéRiQ, avec Here We Go Magic, LA Priest, Empress Of, Abd Al Malik, Other Lives, Savages ou Tindersticks, à Audincourt (Le Moloco), à Belfort (La Poudrière), à Dijon (La Vapeur), à Besançon (La Rodia) et à Mulhouse (Le Noumatrouff), du 24 au 28 février

www.generiq-festival.com

Emmanuel Dosda
Emmanuel Dosda
journaliste
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