État d’âme

Imprimer cet article

© Miguel Reveriego

Luz Casal est de retour avec Alma, album amoureux qui réinvente quelques grands classiques de la chanson latine et dévoile des morceaux personnels, fragments d’âme portés par une voix somptueuse et sensuelle.

Sur le portrait qui illustre l’album, on hésite entre Barbara et Maria Callas. Les yeux de biche et la suprême élégance. La ressemblance est troublante. Et quand la voix surgit, cette même sensibilité déchirante. La longue dame brune espagnole broie le cœur du public français depuis l’inoubliable Piensa en mi, qui a laissé son empreinte sur le film Talons aiguilles de Pedro Almodovar en 1991. Après La Pasion (2009), où elle reprenait des boléros sud-américains – comme le poignant Historia de un amor –, le nouvel opus de Luz Casal s’intitule Alma (L’Âme). Un titre évident, tant l’artiste galicienne s’empare toute entière de plusieurs éclats d’amour passion : « Lorsque vous travaillez ainsi sur des répertoires déjà existants, vous vous exposez à la comparaison. Cela vous oblige ! Il faut mettre une part de soi, que le public comprenne ce que vous faites passer, qu’il l’écoute comme une nouvelle chanson. Sinon la reprise n’a pas de sens », assure-t-elle.

Luz Casal chante en quatre langues latines : espagnol, portugais, italien et français. Elle reprend notamment deux morceaux de Luigi Tenco, star transalpine des années 1960 au destin tragique, dont Mi sono innamorata di te. En portugais, elle se frotte à Tom Jobim avec O Amor em Paz – devenue Once I loved dans la version de Franck Sinatra –, un air de bossa qui donne sa couleur musicale à tout l’album. « Il y a une simplicité extraordinaire dans ce rythme et ces mélodies, une impression de naturel. Pourtant, en écoutant Tom Jobim la première fois, je sentais qu’il y mettait toute son âme. Pour moi, derrière son apparente facilité, la bossa est une musique soul. L’interpréter comme tel est un défi », confie Luz Casal. On retrouve l’ambiance bossa latine dans le langoureux Jardin d’hiver, cadeau de Keren Ann et Benjamin Biolay à Henri Salvador. « J’aime cette chanson, sa simplicité, son côté impressionniste, sa façon de poser un paysage, de générer des images. Cela m’a beaucoup aidée à la faire mienne. » Dans le répertoire français, l’artiste espagnole a choisi un deuxième titre, plus confidentiel et magnifique : Amazone à la vie de Julien Clerc. Et puis il y a les créations originales dont elle signe les textes, Si pudiera, Vuelvo a mi lugar ou Paisajes, sur une musique de Vangelis. Le dernier titre de l’album, Almas gemelas, est le plus personnel : « La chanson ne parle pas véritablement d’amour, plutôt de fraternité, d’âme sœur, et de cette fierté qu’il y a à se sentir du même monde, à se comprendre, même sans se ressembler. »

À Haguenau, au Théâtre, mardi 10 mars
03 88 73 30 54 – www.relais-culturel-haguenau.com
À Mulhouse, à La Filature, mardi 17 mars
03 89 36 28 28www.lafilature.org
www.luzcasal.fr

Dorothée Lachmann
Dorothée Lachmann
Lire tous ses articlesLui écrire

Imprimer cet article