De la nécessité du rite

Photo de Laurent Philippe

Avec Fatmeh, le chorégraphe libanais Ali Chahrour rend hommage à deux icônes de la culture arabe symbolisant la tristesse.

Deux danseuses qui n’en sont pas. Umama Hamido, comédienne, et Rania Al Rafei, vidéaste, ont été choisies par Ali Chahrour parce qu’elles n’ont pas subi l’influence de la danse contemporaine et sont « libres de toute technique chorégraphique ». Celui qui cherche depuis ses débuts à « faire surgir le mouvement brut de nos références culturelles » bâtit une cérémonie mêlant joie et douleur, ode au rôle des femmes dans l’imaginaire du monde arabe. Fatima Zahra, fille du prophète Mahomet, qui le pleura jusqu’à en mourir, et la légendaire chanteuse égyptienne Oum Kalsoum (son véritable prénom était aussi Fatima), dont la seule voix suffisait à faire couler des torrents de larmes, sont au cœur de ce spectacle. S’y explorent des états de tristesse passant du sacré au profane, du charnel à la transe, de la flagellation rituelle à la liberté d’extériorisation des sentiments. Le chorégraphe de Beyrouth lie ainsi traditions et croyances à un mysticisme actuel réinventé dépassant les traditionnelles frontières des possibles…

 À Pole-Sud (Strasbourg) dans le cadre du festival Strasbourg-Méditerranée (jusqu’au 9 décembre), jeudi 7 décembre

pole-sud.fr

strasmed.com 

vous pourriez aussi aimer