Classique & moderne

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Willy von Beckerath, Max Reger dirigiert, Hambourg 1909 © Max-Reger-Institut

À l’occasion du centenaire de sa disparition, Max Reger (1873-1916) est célébré à Karlsruhe qui abrite un institut œuvrant à faire connaître et à diffuser l’œuvre du musicien allemand.

Kultur in Karlsruhe est une initiative pionnière, à la fois marque fédératrice et action unique en son genre permettant de positionner la cité du Bade-Wurtemberg comme une destination culturelle majeure. Elle regroupe le Badisches Staatstheater, le ZKM, la Staatliche Kunsthalle et une vingtaine d’institutions de la cité dont le Max Reger Institut. Son objet ? Faire connaître le plus largement possible la vie et l’œuvre du compositeur allemand (mais aussi pédagogue, chef et organiste) et permettre à tous les chercheurs d’avoir une source d’information privilégiée (lettres, documents, partitions, archives sonores, etc.), de travailler et de se rencontrer. Max Reger fut un météore de l’Histoire de la Musique qui disparut en 1916, à 43 ans, laissant un corpus imposant de près de 1 000 pièces placé sous le signe des “trois B” de la musique germanique : « Moi qui admire éperdument Jean-Sébastien Bach, Beethoven et Brahms, on prétend que je veux les détrôner. Pourtant, je ne cherche rien d’autre qu’à les prolonger en cultivant leur style », écrit-il en effet, en 1897. Héritier du classicisme, ses œuvres tardives tendant néanmoins vers l’abstraction mahlérienne et la Seconde École de Vienne, même si elles ne franchissent jamais les portes de l’atonalité. Certains parlèrent ainsi de “pré-dodécaphonisme” à son propos… On pense là à une des ses partitions ultimes aux accents impressionnistes, le Quintette pour clarinette et cordes, opus 146, point central du concert Inspired by Reger (30/10, Hochschule für Musik, Karlsruhe) où huit compositeurs contemporains s’en servent de matrice. Autre rendez-vous essentiel, une soirée (dans le cadre des concerts “Comme il y a cent ans”) permettant de découvrir que Reger fut l’enfant terrible de la musique de chambre (10/10, Hochschule für Musik, Karlsruhe) : au programme, un véritable portrait polyphonique de ce créateur paradoxal où l’on retrouve notamment son Sextuor à cordes, opus 118 (1910) où se mêlent modernité rythmique véhémente, grande tradition allemande et transcendance mystique, puisque son auteur qualifiait le Largo de « Conversation avec Dieu ».

À la Hochschule für Musik (Karlsruhe), lundi 10 (Max Reger, l’enfant terrible de la musique de chambre) et dimanche 30 octobre (Inspired by Reger)

www.hfm-karlsruhe.de

www.max-reger-institut.de

www.reger2016.de

www.kulturinkarlsruhe.de

Hervé Lévy
Hervé Lévy
Rédacteur en chef
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