Berlin Palace Hôtel

Imprimer cet article

Photo de Stéphane Louis pour Poly

Démolir et rebâtir (à l’identique ou non). Faire pousser des immeubles sur un terrain vague. Depuis 1990, Berlin est un fascinant terrain de jeu pour architectes. À la découverte d’une réalisation emblématique, l’Hôtel Adlon.

Depuis vingt ans, Berlin ressemble à un immense chantier où l’on construit, rénove et reconstruit sans cesse avec des résultats plus ou moins heureux. Le no man’s land wendersien de la Potsdamer Platz s’est métamorphosé en patchwork architectural géant, où l’horreur (dont l’épicentre est le Sony Center) côtoie de belles réussites, sans vision urbanistique aucune. On a désormais achevé de raser le Palast der Republik, symbole de la RDA. Il n’y a plus, à sa place, qu’une immense étendue herbeuse… en attendant le début prochain de la reconstruction du Château. Va comprendre, Charles. En arpentant les rues de la capitale allemande, on est saisi du sentiment étrange, bien plus puissant que partout ailleurs, de voir les strates du passé se mêler dans un puissant maelström.

Photo de Stéphane Louis pour Poly

Parmi les plus beaux succès de ce “jeu de constructions” figure l’Hôtel Adlon, établissement luxueux et protagoniste centenaire de l’histoire berlinoise. Comment ne pas penser au Lutetia, à Paris, que Pierre Assouline prit comme personnage principal de l’un de ses romans (paru chez Gallimard en 2005) ? Situé sur Unter der Linden, à quelques mètres de la Porte de Brandebourg, il a été imaginé par les architectes Carl Gause et Robert Leibnitz. Inauguré en 1907, il était déjà, à l’époque, un des meilleurs établissements de la cité (avec électricité et eau courante). Très vite, il accueille les célébrités du temps, Thomas Edison, Albert Einstein, Charlie Chaplin ou Marlene Dietrich. En mai 1945, un incendie détruit le bâtiment presque intégralement : l’aile survivante est brièvement utilisée par le régime communiste comme hôtel, avant de servir de foyer d’apprenties. Vétuste et insalubre, elle est rasée en 1984. Le merveilleux symbole des folles années 20 berlinoises n’existe plus. Après la chute du Mur et la réunification allemande, on décide rapidement de le reconstruire : il est rouvert en 1997. Avec ses 382 chambres et suites, il est aujourd’hui à nouveau un des plus beaux hôtels d’Allemagne et l’exemple d’une renaissance réussie. Bois précieux, marbres magnifiques, charmantes mosaïques… Tout cela, évidemment, est neuf, mais ne demande qu’à subir l’élégante patine du temps.

Photo de Stéphane Louis pour Poly

Office du tourisme allemand : www.allemagne-tourisme.com

Office du tourisme de Berlin : www.visitberlin.de

Hotel Adlon : www.hotel-adlon.de

 

Hervé Lévy
Hervé Lévy
Rédacteur en chef
Lire tous ses articlesLui écrire

Imprimer cet article