Belcantiste & baroque

Croquis de Julia Müer

Une distribution impeccable avec la basse Fabrizio Beggi (à entendre également en récital, 05/05, 18h30), la soprano Salome Jicia dans le rôle-titre et surtout le pyrotechnique contre-ténor Franco Fagioli, baroque star annoncé comme un Arsace d’anthologie : cette production de l’Opéra national de Lorraine de Semiramide, trop rare ouvrage de Rossini, promet ! Histoire d’amour dramatique fourmillant d’intrigues politiques avec pour cadre l’antique Babylone et ses fantastiques jardins suspendus, l’œuvre se situe « au niveau stylistique, sur la ligne de fracture entre baroque et belcanto, chant du cygne de premier et quasi acte de naissance du second. Sur le plateau, elle se déploie dans des allers-retours permanents – faits de confrontations – entre sphère publique et espaces privés », explique Nicola Raab. La metteuse en scène exploite cette double dualité, choisissant d’associer (dans les costumes, les composantes du décor, etc.) l’intime au début du XIXe siècle et le public à l’âge baroque. Elle s’intéresse aussi de près à l’épaisseur psychologique des personnages d’un melodramma tragico « qui pourrait tout autant se nommer Arsace, tant il explore la profondeur d’un être humain à la recherche de lui-même ». (H.L.)

Croquis de Julia Müer

  À l’Opéra national de Lorraine (Nancy), du 2 au 11 mai

opera-national-lorraine.fr 

Croquis de Julia Müer

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